colloque internationnal

Publié le par Nouvel Esprit

Education et homophobie

 

Des spécialistes du monde entier sont invités les 15, 16 et 17 juin à Besançon.

 

Jérôme Vaimage002.jpglentin, manager du projet.

 

Les spécialistes viennent des Etats-Unis, du Canada ou de Suisse, 17 pays au total, pour dresser un état de l'existant en matière d'éducation et d'homophobie.

L'association Nouvel Esprit, organisera les 15,16 et 17 juin une rencontre selon trois axes privilégiés : les associations apportent leur expérience du terrain, les chercheurs, en psychologie, histoire, anthropologie, sociologie, pédopsychiatrie, etc. croisent leurs analyses, et les institutions auront le pouvoir politique de transformer les débats en actions.

Trois jours de discussion destinés à tous ceux qui, de près ou de loin, ont à faire avec l'éducation. Enseignants et équipes pédagogiques, certes, mais aussi éducateurs sociaux ou sportifs, assistantes sociales... Le domaine est vaste.

 

Des victimes muettes

Les trois quarts des victimes d'homophobie sont des élèves ou des étudiants, agressés par leurs pairs pour les deux tiers, par des adultes pour les autres.

Au premier rang des agressions, les insultes. L'homophobie est très souvent responsable des suicides d'adolescent. Comment un ado qui se sent différent peut-il trouver le courage d'en parler, quand la première insulte au collège ou au lycée c'est sale pédé ?

L'enjeu est de taille Nouvel Esprit a pour vocation de lutter contre l'isolement, l'ostracisme, l'inégalité dont sont victimes les homosexuels.

« Un collège de 24 experts internationaux, dans des disciplines complémentaires, légitime ce colloque ». Pour Thibaut Jeunet président de l'association il s'agit de « dresser un état des lieux de l'homophobie, tant dans l'éducation nationale, premier acteur de l'éducation, que dans toutes les structures qui touchent à l'éducation. A partir de là, ce colloque propose différents modèles de lutte contre l'homophobie, certains, nous l'espérons, sont transposables d'un pays à l'autre. »

 

Casting prestigieux

Nouvel Esprit ne lésine pas sur les moyens : d'abord deux jours et demi de débats, soit plus de 70 communications. Ensuite une liste d'invités pointus sur la question. Au chapitre des personnalités, Anne Kronenberg a dirigé la campagne de Harvey Milk, premier homme ouvertement gay a avoir été élu a des fonctions officielles, en l'occurrence la mairie de San Francisco. Avec elle Louis-Georges Tin, fondateur de la journée mondiale de l'homophobie et la transphobie, célébrée dans 50 pays dans le monde. Il a lancé un appel pour une dépénalisation de l'homosexualité.

Joseph Roy Gillis, maître de conférence à l'université de Toronto, dirige des recherches sur l'enseignement de la diversité sexuelle au sein des systèmes éducatifs. Elisabeth Thorens Gaud dirige l'association suisse Mosaic-info, qui lutte contre les préjugés et les suicides. Eric Verdier est consultant au cabinet de Roselyne Bachelot, Alain Ducousso-Lacaze, professeur de psychopathologie à l'université de Poitiers, travaille depuis dix ans sur les transformations de la filiation avec les nouvelles formes de famille. Line Chamberland, sociologue à l'Université de Montréal, enseigne le cours homosexualité et société, ses recherches portent sur l'homophobie et son impact sur la réussite scolaire.

Pour Natacha Taurisson, du collectif contre lgbt phobie, (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels), « il faut apprendre pour comprendre. Or nous constatons que les enseignants sont démunis face à des questions comme l'homoparentalité, ou face à des enfants qu'ils sentent différents ».

 

Une première pierre

« Nous souhaitons que ce colloque soit poil à gratter, qu'il amène le public à se poser des questions sur l'homosexualité, sur les différents outils pour lutter contre l'homophobie. Car évidemment l'éducation ne peut pas tout, les familles ont un rôle à jouer. Dans les interstices des communications officielles se créeront des réseaux, des liens qui peuvent déboucher sur les actions », note Jérôme Valentin, cheville ouvrière du colloque. L'ambition est donc d'amorcer un débat en espérant qu'il sera repris et transformé.

Besançon, ville pilote en matière de lutte contre les discriminations, qui a accepté un audit de la Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) sur le sujet, semble idéale pour l'organisation d'une telle rencontre.

Catherine CHAILLET

 

• Renseignements et inscriptions : secretariat-colloque@nouvelesprit.org