L'hebdo de Besançon
Pas de Souvenir pour "les homos"
Thibaut Jeunet, président de Nouvel esprit.
Les représentants de l'association Nouvel esprit n'ont pas pu participer à la cérémonie annuelle organisée en hommage aux déportés.
D'après la loi du 14 avril 1954", une journée nationale du souvenir de la déportation a été instaurée. Sa date est fixe : chaque année, le dernier dimanche d'avril. La nation honore ainsi "la mémoire de tous les déportés sans distinction et rend hommage à leur sacrifice", c'est du moins ce que dit le texte de loi.
Se basant sur cette loi, une jeune association, Nouvel Esprit, présidée par Thibaut Jeunet et créée en 2007, a demandé à la municipalité de participer à la cérémonie qui a eu lieu ce dimanche. "Lorsque nous avons demandé à la municipalité de participer financièrement et officiellement à la gerbe commune, il nous a été demandé de nous reconnaître dans le discours de l'Etat. Nous estimons que cette marque d'acceptation est insuffisante à notre demande, explique Thibaut, car cette cérémonie rend hommage à tous les déportés dont les homosexuels. Dans les camps, les homosexuels masculins étaient identifiés par un triangle rose tandis que les lesbiennes portaient un triangle noir. Nous souhaitons une reconnaissance de la déportation de cette minorité, le devoir de mémoire est important. Les homosexuels faisaient l'objet d'expérience, de castrations... Ils ont été durement persécutés. Ils faisaient partie des plus bas rangs dans les camps".
Si la déception est là pour Nouvel esprit, la surprise est aussi présente : "ce n'est pas une guerre mais nous ne comprenons pas bien la réponse de Jacqueline Panier (ndlr : adjointe au maire et correspondante Défense qui a répondu le 18 mars à la lettre de Nouvel esprit du 20 février). Cette réponse ne correspond pas à la politique de la Ville quia signé la charte qui lutte contre les discriminations. Je veux donc engager un dialogue car je souhaite vivement que notre association soit pleinement associée à la cérémonie d'avril 2010. La communauté homosexuelle ne doit pas être la minorité oubliée de l'histoire. La déportation des homosexuels est reconnue par l'Etat depuis avril 2001".
Pourtant, tout avait si bien commencé puisque cet hiver, Nouvel esprit avait évoqué son souhait à trois membres du conseil municipal, lesquels étaient favorables à intégrer l'association à la cérémonie du Jour du souvenir. cette reconnaissance n'est encore pas valable à Besançon et à ce sujet, Thibaut précise que "la première ville à avoir associer la communauté homosexuelle est Lyon. Chaque année, c'est la guerre, il faut se battre et chaque année, une ville supplémentaire accepte de nous intégrer".
Rappelons que jusqu'en 1981, l'homosexualité était pénalement réprimandée et que les homosexuels faisaient l'objet d'un fichage de la police.
S.M.
EN SAVOIR PLUS
Nouvel esprit, installée au 13 rue du Polygone, lutte contre l'homophobie, pour l'égalité des droits. Les membres accueillent également les victimes d'actes homophobes. Infos : www.nouvelesprit.overblog.com
ENCADRE
titre : "Neutralité des catégories"
Dans son courrier, Jacqueline Panier indique que "la cérémonie est organisée par le représentant de l'Etat, en l'occurrence, le préfet, la Ville n'apportant qu'un soutien matériel. (...) A l'heure actuelle, deux associations sont reconnues, la Fndirp et l'Unadif, qui ne déposent qu'une seule gerbe au nom de tous les déportés. Un seul message, national, est lu à cette cérémonie qui se veut oecuménique et dans laquelle votre association peut se reconnaître".
D'après la loi du 14 avril 1954", une journée nationale du souvenir de la déportation a été instaurée. Sa date est fixe : chaque année, le dernier dimanche d'avril. La nation honore ainsi "la mémoire de tous les déportés sans distinction et rend hommage à leur sacrifice", c'est du moins ce que dit le texte de loi.
Se basant sur cette loi, une jeune association, Nouvel Esprit, présidée par Thibaut Jeunet et créée en 2007, a demandé à la municipalité de participer à la cérémonie qui a eu lieu ce dimanche. "Lorsque nous avons demandé à la municipalité de participer financièrement et officiellement à la gerbe commune, il nous a été demandé de nous reconnaître dans le discours de l'Etat. Nous estimons que cette marque d'acceptation est insuffisante à notre demande, explique Thibaut, car cette cérémonie rend hommage à tous les déportés dont les homosexuels. Dans les camps, les homosexuels masculins étaient identifiés par un triangle rose tandis que les lesbiennes portaient un triangle noir. Nous souhaitons une reconnaissance de la déportation de cette minorité, le devoir de mémoire est important. Les homosexuels faisaient l'objet d'expérience, de castrations... Ils ont été durement persécutés. Ils faisaient partie des plus bas rangs dans les camps".
Si la déception est là pour Nouvel esprit, la surprise est aussi présente : "ce n'est pas une guerre mais nous ne comprenons pas bien la réponse de Jacqueline Panier (ndlr : adjointe au maire et correspondante Défense qui a répondu le 18 mars à la lettre de Nouvel esprit du 20 février). Cette réponse ne correspond pas à la politique de la Ville quia signé la charte qui lutte contre les discriminations. Je veux donc engager un dialogue car je souhaite vivement que notre association soit pleinement associée à la cérémonie d'avril 2010. La communauté homosexuelle ne doit pas être la minorité oubliée de l'histoire. La déportation des homosexuels est reconnue par l'Etat depuis avril 2001".
Pourtant, tout avait si bien commencé puisque cet hiver, Nouvel esprit avait évoqué son souhait à trois membres du conseil municipal, lesquels étaient favorables à intégrer l'association à la cérémonie du Jour du souvenir. cette reconnaissance n'est encore pas valable à Besançon et à ce sujet, Thibaut précise que "la première ville à avoir associer la communauté homosexuelle est Lyon. Chaque année, c'est la guerre, il faut se battre et chaque année, une ville supplémentaire accepte de nous intégrer".
Rappelons que jusqu'en 1981, l'homosexualité était pénalement réprimandée et que les homosexuels faisaient l'objet d'un fichage de la police.
S.M.
EN SAVOIR PLUS
Nouvel esprit, installée au 13 rue du Polygone, lutte contre l'homophobie, pour l'égalité des droits. Les membres accueillent également les victimes d'actes homophobes. Infos : www.nouvelesprit.overblog.com
ENCADRE
titre : "Neutralité des catégories"
Dans son courrier, Jacqueline Panier indique que "la cérémonie est organisée par le représentant de l'Etat, en l'occurrence, le préfet, la Ville n'apportant qu'un soutien matériel. (...) A l'heure actuelle, deux associations sont reconnues, la Fndirp et l'Unadif, qui ne déposent qu'une seule gerbe au nom de tous les déportés. Un seul message, national, est lu à cette cérémonie qui se veut oecuménique et dans laquelle votre association peut se reconnaître".
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